L’Europe ouvre la porte à la consommation d’insectes Lecture : 3 min
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L’Europe ouvre la porte à la consommation d’insectes

Mercredi 13 janvier 2021, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu un avis positif concernant l’utilisation du scarabée Molitor, ou ver de farine, dans l’alimentation humaine. Un nouveau marché pour de nombreuses startups qui se sont spécialisées dans le secteur de la consommation d’insectes.

Une consommation d’insectes jugée sans danger

L’avis positif rendu par l’Autorité européenne de sécurité des aliments est limité à une espèce de coléoptère, pouvant être consommée « soit sous forme d’insecte entier séché, soit sous forme de poudre », a précisé l’EFSA.

Il ne s’agit donc que d’une première étape, d’autant que l’autorisation de mise sur le marché et l’établissement des critères de fabrication et de commercialisation reviennent en dernier lieu à la Commission européenne.

Néanmoins, ce feu vert de l’EFSA constitue une première avancée, et entrouvre de nouveaux horizons pour les nombreuses startups qui se sont emparées du marché, se limitant jusqu’ici à la fabrication d’engrais et de nourriture pour les animaux non destinés à la consommation. C’est notamment le cas de la startup française Ÿnsect, qui utilise des protéines d’insectes déshuilés.

Ÿnsect, qui a déjà levé 435 millions de dollars et emploie 150 salariés, estime son chiffre d’affaires à 500 millions d’euros d’ici 5 ans, dont 10 % issu des aliments destinés à la consommation humaine. La société, numéro 1 mondial de la production de protéines d’insectes, a été fondée en 2011 et construit actuellement sa deuxième unité de production à Amiens, tandis que la première tourne déjà depuis plusieurs années à plein régime à Dole, dans le Jura.

 

Un groupe de travail sur les nouveaux aliments

À l’EFSA, c’est un groupe d’experts en nutrition, en toxicologie, en chimie ou encore en microbiologie qui est en charge de rendre des avis scientifiques sur ce qu’on appelle les nouveaux aliments.

Leur travail consiste notamment à évaluer le risque allergique. Les insectes ne sont pas spécifiquement susceptibles d’entraîner des réactions allergiques, surtout sous une forme sèche, mais ils contiennent des protéines et celles-ci déclenchent des allergies chez certaines personnes.

Ce sont ces mêmes protéines qui rendent la consommation d’insectes particulièrement intéressante, comme le déclare Mario Mazzocchi, statisticien économique, membre du groupe de travail de l’EFSA, dans un récent communiqué :

« Il existe des avantages environnementaux et économiques évidents si vous remplacez les sources traditionnelles de protéines animales par celles qui nécessitent moins d’aliments pour animaux, produisent moins de déchets et entraînent une diminution des émissions de gaz à effet de serre. »

La généralisation de la consommation d’insectes pourrait, à terme, renforcer la sécurité alimentaire, grâce à des coûts de production peu élevés.